Où l’on apprend que le mot d’esprit, en plus d’entretenir un rapport à l’inconscient, seul demeure au moment de l’extinction de l’humanité. Ha ha ha hi hi.
Le grand retour des ours dans Une Nuit Sous Influence ! Remise en mémoire en cliquant sur le tag « ours » ci-après.
sous les pavés de Tottenham, l'English Riviera
À présent, ils vont par deux et produisent d’excellents remises de Metronomy qui avait d’ailleurs déjà produit un excellent original (malgré un clip au sommet du nul) sur un excellent album.
Est-ce par goût pour Lynch que je suis capable d’écouter et admirer jusqu’à son terme ce remix d’un de ses morceaux, malgré la difficile et brutale chute depuis quelque chose qui serait un sommet manquant vers un sol dérobé – aux alentours de deux minutes –, je préfère ne pas me poser la question, finalement.
Ce qui m’intéresse, c’est de toujours admirer cette chute dans un espace qui ne serait pas euclidien : où est la chute, si plus rien ne subsiste de ce qui fait d’elle une chute ? Le discours de la chute – voilà tout ce qu’il en reste. À noter que j’ai presque écrit « de ma chute », mais certainement pas « sur la chute », même mienne.
David Lynch : I Know (Ratcliffe « Hedz in dark » mix)
Ci-dessous une dépêche du journal en ligne Le Monde.
La rapidité avec laquelle M. le recteur Jean-Jacques Pollet a tiré des conclusions sur le suicide de cet homme sur son lieu de travail est confondante : à 10 heures, l’un se suicide, dont un autre trois heures plus tard aura livré publiquement son analyse des motivations.
On me reprochera peut-être ma hâte, à moi aussi, mais je tire deux conclusions de cette dépêche : premièrement, qu’il faut abolir le travail ; deuxièmement et surtout que M. le recteur Jean-Jaques Pollet devrait être démis de ses fonctions. À 4 heures, je lis un article, sur lequel je me fonde pour établir dix minutes plus tard les bases d’un renversement de la société.
Alain Kan : Hollywood suicide
Un enseignant se suicide en salle des profs près de Nancy
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 30.04.10 | 13h12 • Mis à jour le 30.04.10 | 14h26
Un enseignant d’éducation physique a mis fin à ses jours vendredi 30 avril en se tirant une balle dans la tête dans la salle des professeurs du collège Haut-de-Penoy à Vandœuvre-lès-Nancy, en Meurthe-et-Moselle.
« Les premiers éléments dont nous disposons tendent à démontrer que cet événement tragique n’est pas directement connecté à une situation professionnelle, mais davantage à une situation personnelle », a tenu à préciser Jean-Jacques Pollet, recteur de l’académie de Nancy-Metz, lors d’une conférence de presse.
Les faits se sont déroulés peu après 10 heures dans la salle des professeurs qui, selon un correspondant de RTL sur place, est « un endroit reculé de l’établissement ». Les élèves n’ont donc pas entendu le coup de feu. L’homme, qui était âgé d’une cinquantaine d’années, a mis fin à ses jours alors qu’il était seul dans la salle. Deux de ses collègues, qui se trouvaient dans une pièce voisine, se sont précipités en entendant le coup de feu « mais ils n’ont rien pu faire », a précisé la principale. Il était marié et père de famille.
L’enseignant était « remarquablement apprécié et fortement investi dans cet établissement », a ajouté le recteur. Le collège, qui compte un peu moins de 400 élèves pour 35 enseignants, ne se signale pas par un climat de violence particulière.La préfecture de Meurthe-et-Moselle a indiqué qu’une information judiciaire était ouverte.
La cohérence graphique, voilà une manière d’affirmer qu’on ne s’occupe pas uniquement de mettre de jolies images sur ce que l’on fait. Penser son travail d’un peu plus loin que du cagibi mal rangé de l’immédiat, voilà de quoi quitter le domaine de l’inoffensif.
« Vous comprenez, nous sommes obligés de passer pour des salauds, puisque la loi nous ordonne de faire ces propositions à nos employés. Et puis pour 137 euros par mois, on vit très bien, en Tunisie, hein.
– Mais je ne vis pas en Tunisie !
– Vous ne pouvez pas tout avoir, vous. »
Rythm & Sound : Poor people must work (Carl Craig remix)
Est-ce à sa voix excessivement poussée, sinon poussive, que l’on reconnaît l’ironie dans cette chanson de Dutronc ? Chanson à peine triste, chanson grinçante, quoique d’un grincement étouffé, chanson dont la noirceur ne s’entend presque pas. Appelons cela une musique d’humeur.
J’éprouve toujours la plus grande difficulté à tenir pour suffisant ce genre de clip qui ne serait rien d’autre que la traduction graphique ou par le graphisme de la musique. Par le truchement de couleurs, de traits, de volumes ou d’effets visuels de toutes sortes, on prétend accompagner le caractère mécanique d’une composition musicale, le souligner, voire le rendre essentiel. On touche alors à une confusion entre le musical et le mécanique, entre le vide et le plein et, en définitive, entre quelque chose qui a rapport à l’humain et au corps humain, et autre chose d’infiniment dépourvu de substance et de corporéité, un corps n’étant justement pas qu’une mécanique.
On me dira que cet exemple constitue un rapprochement type du mécanique et de l’organique, puisque c’est un sismographe ou un électro-cardiographe qui enregistre, semble-t-il, les pulsations ou les secousses de la musique au même titre que celle d’un cœur ou de notre planète. Je considère plutôt que le rapport est renversé et que cet appareil donne davantage l’impression de produire la musique – c’est cette équivalence et cette confusion qui me gênent. J’ai ébauché ailleurs, puis expliqué ici ou là que je trouvais cet usage du graphisme et de la joliesse moins joli et graphique qu’inoffensif, ce qui signifiait qu’on ôtait par ce biais toute force y compris politique à l’objet que le graphisme était censé illustrer. Or, je crois même que cette imagerie prive ce sur quoi elle s’applique de son épaisseur, l’aplatit, l’anéantit. « Ce n’est donc que cela. » pourrait être le mot d’ordre derrière ce graphisme et cette platitude.