Mince, me demandais-je, le hip hop est-il le bienvenu dans ces pages ? Pourtant il y aussi du bonheur sur cette planète ! J’en veux pour preuve le retour inopiné du grand RZA, cintré dans son épouvantable costume de Bobby Digital, super héros blaxploitation d’inspiration ninja avec lequel il sévit pour la troisième fois en dix ans pour faire trembler les enceintes de ceux qui pensent – et j’en suis – qu’il est bien l’un des plus classieux de tous les rappeurs ricains. Nulle surprise sur cet album où le boss du Wu Tang utilise toutes les recettes éprouvées depuis longtemps dans son studio : il rappe toujours trop fort, trop faux, trop sec, sur de magnifiques petits gimmicks soul, derrière lui des femmes lui susurrent des choses à forte connotation sexuelle et quinze personnes viennent poser leurs voix dans le morceau, si possible à contretemps. De la balle. Une bande son pour la coke, la bagnole, le cul.
RZA as Bobby Digital : Digi snacks

