post MGMT

15 avril 2010 @ 16:46

par Coddo del Porta
Tous en furent frappés

Tous en furent frappés

Le concert de louanges rassemble suffisamment de choristes pour ne pas avoir besoin de ma voix, mais je ne peux m’empêcher de signaler l’ahurissement qui m’a saisi à l’écoute du deuxième album de MGMT. Le premier album m’avait secoué : sous les coups du second, je tremblerai encore quand la prochaine décennie sera achevée. Un seul morceau a suffi pour faire vaciller les assises de mes certitudes en matière de pop : à savoir que « tout a été dit », « que l’on vient trop tard », « que la chair est triste, hélas », et autres fariboles.

Il est trop tôt pour mesurer la puissance de ce séisme sur l’échelle ouverte du bouleversement musical. Quant à son épicentre, quoiqu’il se situe très en profondeur, on n’a pas fini de s’étonner que les murs de la pop aient tremblé à des distances si considérables. Rendez-vous dans quelques mois et dans quelques dizaines d’écoute : on commencera peut-être à y entendre plus clair et à y comprendre quelque chose.

MGMT : Flash delirium

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post Tout se permettre ou faire n’importe quoi

4 juin 2008 @ 10:53

par Coddo del Porta

Même en qualité pourrie, même inaudible, surtout pourri et inaudible, le remix par Justice de Electric feel, de MGMT, circule à la vitesse de la fibre optique. Attrapé dans le flux d’une émission de radio, entendu et téléchargé dans cette version de qualité inférieure par tous les idolâtres du duo, ce remix pose problème surtout parce qu’il est mauvais.

Gage de réussite commerciale, l’alliance de la carpe Justice avec le lapin MGMT représente un échec artistique. Il ne suffit pas, par exemple, d’ajouter une rythmique omnipotente à ce morceau nonchalant pour le transformer en machine à danser. Il ne suffit pas, autre exemple, de plaquer la technique de filtrage, compression, écrasement du son à la Justice sur n’importe quel morceau pour opérer une métamorphose instantanée en tube. Il ne faut pas croire béatement, et l’on touche là un autre aspect du problème, à l’absolue nécessité d’être digéré par Justice pour atteindre au succès : la digestion, en l’occurrence, a été trop rapide et les aliments si mal équilibrés que le résultat, eh ! bien, c’est de la merde.

Où est passée la pop derrière ce beat trop appuyé ? Où est passée la nonchalance, quand on nous intime l’ordre de danser ? Où est la fêlure de ces voix haut perchées et perchées tout court dans cette avalanche d’échos, de reverb, que sais-je encore ? Disparues.

La faute à qui, finalement ? À un génie du service commercial de Columbia, à qui est venue l’idée lumineuse de nous infliger ce mariage. À MGMT, parce qu’ils n’ont pas empêché la diffusion des fruits de cette union. À Justice : après leur mix refusé chez Fabric, ils n’ont toujours pas compris qu’il ne pouvaient pas se permettre n’importe quoi.

Pour oublier que j’ai entendu ce remix, je préfère regarder le clip de l’original et rêver à cette fête tribalo-bizarre.

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