Detroit en stéréotypie
19 mai 2009 @ 21:23
Reflection, le premier album de Stimming, possède l’une des pochettes les plus abominables de la décennie, un mix d’images new age, d’esthétique 90’s 3D et de web design à deux couronnes islandaises.
Je m’en réjouis. Personne ne va l’acheter à la Fnac.
Je serai donc le seul à jouir de Sunday morning – le premier titre de l’album – alliage lumineux et révélateur d’un certain courant actuel visant à digérer avec précision la jeune histoire de la house.
Reprenant en partie la rythmique minimale et la structure de Anger – à la manière d’une formation jazz qui reprendrait un thème classique – Stimming y ajoute ces nappes caractéristiques d’une Detroit house en plein spleen financier, pour aboutir à une lente élévation des poils et des organes, prenant son temps pour installer sa vision d’une ville sujette depuis vingt ans à la crise alors que le reste du monde goûte depuis trop peu aux saveurs tropicales du délitement.
En toute fin, les violons, doublés, dissonants, nous rappellent qu’après l’hélium et l’altitude vient trop souvent l’apesanteur et le choc brutal du gravier sur la lèvre supérieure.
Stimming est un terme issue du jargon désignant un mouvement du corps répétitif – une stéréotypie – visant l’auto-stimulation.
Ça marche, et c’est en vente à un prix dérisoire.
Stimming : Sunday morning


