Surprenante Grace
23 septembre 2009 @ 23:59
D’une artiste dont il a déjà été question ici ou là, il faudrait ajouter qu’elle conserve une capacité à nous séduire par le son qui dépasse la normale. On connaît le genre d’indulgence coupable dont on s’autorise – la culpabilité pouvant donc tenir un rôle moteur y compris dans le champ de la musique – pour continuer d’écouter tel dont on aimait le son autrefois, mais qui a vieilli ou tel avec qui l’on a vieilli.
Grace Jones, en déesse dévoratrice, jadis d’automobiles et désormais de ses semblables, affranchit son auditeur de toute culpabilité parce qu’elle fut entourée et s’entoure encore d’artistes et de producteurs à la pointe de son temps, autrement dit quelque part entre maintenant et bientôt.
Le titre qui suit, emprunté à l’album Hurricane, joyau dont chaque morceau représente une des faces, est la version originale de ce remix : de même que celui-ci ne redoublait pas celui-là, les dernières secondes du premier sont augmentées d’un appel à ce Dieu noir et femme qu’est la chanteuse auto-transfigurée. À bon entendeur.
Grace Jones : Williams’ blood



