L’offensive (2)
6 juin 2009 @ 21:29
Et le chapeau n’a rien à y voir, puisqu’ils sortaient à l’époque (1981) en cheveux. De même que le clip de Fischerspooner, de même cette musique-là ne s’écoute qu’en parallèle d’une manipulation de l’idée de bordure. La question est alors de savoir si borderline au-delà de la frontière est aussi borderline que dans son giron. Je n’ai pas la réponse.
Ce qui distingue Devo de bien d’autres groupes qui puisent à la source d’une manière de délire musical, c’est la fidélité à l’idée dont ils font preuve. Du coup de poing sur la table, il est facile de ne faire qu’un coup : eux ont dans la tête que ce coup formant onde, se répercute indéfiniment selon la ligne ondulatoire qu’il trace. On n’en a pas fini avec Devo parce qu’ils n’en ont pas fini avec eux-mêmes – ce en quoi ils diffèrent radicalement de survivants à eux-mêmes comme les Rolling Stones qui sont passés à autre chose depuis longtemps.
De cette musique apparemment dépourvue d’affect, nous persisterons à dire qu’elle n’est pas inoffensive, seule qualification qui la préserve de l’obsolescence.
Devo : Enough said

