post Round and round and…

28 avril 2009 @ 23:31

par Coddo del Porta
L'obstination dans sa nudité même

Obstinés dans leur nudité même

Celle qui suit, commencée à la fin des années 1970, durera, à en croire le titre de l’album, jusqu’en 2043. Cette obstination-là dans la ronde musicale connaît en ce moment même une concurrence quotidienne, depuis des heures et des heures, en place de Grève.

Être obstiné consiste aussi à creuser son sillon, dans la terre meuble du succès comme dans le sable d’un désert long de vingt-huit années.

Bernard Fèvre : Ronde interstellaire

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post Mission : possible

26 octobre 2008 @ 14:21

par Coddo del Porta
sous influence des lunettes noires

sous influence des lunettes noires

L’air de perfection que prennent certains morceaux les rend, croit-on, impossibles à remixer. On leur applique volontiers le qualificatif d’ultimes pour signaler ainsi que rien ne viendra après — c’est-à-dire d’après — eux. Comme l’herbe après les Huns, le remix ne pousse plus après les chefs-d’œuvres.

Ce constat, on le fait surtout a posteriori, une fois entendue la tentative infructueuse. La puissance symbolique du morceau original était telle que le voilà tabou, intouchable, et la malédiction se communique à qui défie l’interdit. Aussi ne compte-t-on plus les remixes ennuyeux, affadissants, serviles, négligents, transparents, mégalomanes, démesurés, etc. — mais je me livrerai une autre fois à une typologie par l’exemple des remixes manqués.

Pour l’heure, je voudrais surtout mettre l’accent sur une réussite. Tiga & Zyntherius, autrement dit Jori Hulkkonen (dont on pourra lire tout le bien que je pense de l’album Errare machinale est dans le prochain numéro de Une Nuit Sous Influence) avaient fait paraître en 2001 un maxi, Sunglasses ep : le titre était une reprise du Sunglasses at night de Corey Hart, datant de 1983. Ils étaient parvenus à conserver l’essence de la production de ce morceau à la jonction ente rock U.-S. hyper-guitarisé, rythmique post-indus (y compris dans la voix, sinon surtout) et froidure synth-pop ; ils avaient en même temps transposé cela dans la musique de leur temps. Moins de guitares, mais plus de froid et une voix sur-synthétisée.

Alors, indépassable, ce morceau ? Je l’aurais cru. Or, il vient justement de donner lieu à une ressortie enrichie. Plusieurs remixes sont très bons dans leurs genres, c’est-à-dire variés, comme le premier de Popoff ou celui de Black Devil Disco Club ; d’autres — eh ! bien, je les ai déjà oubliés. Quant au plus fou, quant à celui qui a pris la mesure de l’original et peut seul dignement se mesurer à lui, il est signé Alter Ego. Long de plus de dix minutes, il est même trop court.

Tiga & Zyntherius : Sunglasses at night (Alter Ego remix)

Pour mémoire, le clip de l’original.

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post Tébé

4 octobre 2008 @ 11:29

par Coddo del Porta
tu m'as compris

tu m'as compris

Le retour est un concept à épines : attrape-le de travers et tu t’y piqueras.

Par exemple, tu avais disparu, puis tu reviens, mais personne ne s’en aperçoit. Aïe.

Ou bien tu avais disparu, mais personne ne s’en était aperçu, donc tu reviens, mais tout le monde se moque : « Ah ? Tu étais parti ? Et tu nous en as ramené, des clopes, au moins ? ». Ça pique.

Je continue : disparition, retour en fanfare, mais tu as misé sur la mauvaise majorette (comprenez, au choix, producteur, compositeur, coiffeur, ami, etc.). Non seulement tu es devenu une nullité, mais tu as attrapé le tétanos.

Encore ? Disparu, tu reviens, on t’acclame ; six mois plus tard, on te jette des pierres. Tiens, ce n’était pas une rose, mais un cactus, et tu l’as mis dans ta bouche…

Quoi de mieux que ceci : tu as illuminé l’electro-disco underground de ta présence astrale jadis. Naguère, on a retrouvé la lumière de ton soleil dans un coin de la voie lactée musicale. Hier, ton retour a réchauffé toute la planète. Aujourd’hui, tu brilles encore et des gugusses en poncho brodé1 te vouent un culte.

Et voilà le travail : Black Devil Disco Club, reparu en 2006 après vingt-huit ans d’éclipse, continue d’envoyer sur nous ses rayons gamma en 2008. L’album, paru au printemps chez Lo Recordings, s’intitule Eight Oh Eight, en référence à la TR-808. Il aurait aussi bien pu s’intituler Ma musique tue tout en référence au fait que sa musique tue tout — mais Bernard Fèvre ne parle pas comme ça.

Black Devil Disco Club : With honey cream

  1. Dont je suis.
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