Attrapé chez nos amis de Nogomag, le clip du premier morceau issu de l’album à venir de LCD Soundsystem.
On peut déplorer la trop grande parenté de la voix avec celle du Bono new age de ces derniers temps, mais les chœurs rappelleront à ceux qui savent ceux de la trilogie berlinoise de Bowie.
Tout ce qui existe de cette trilogie nous est déjà connu, ce à quoi ceux qui savent continueront de pleurer à chaque écoute de LCD Soundystem avec l’impression d’accéder à une dimension parallèle – une dimension dans laquelle on n’en finirait jamais d’entendre de nouveaux morceaux de la trilogie berlinoise.
Par ailleurs, il arrive à ce morceau d’être entraînant.
On parle beaucoup de la chute du mur de Berlin, comme si sa chute seule importait ou avait importé : certes, à être abattu, il libéra ceux qui en étaient prisonniers à l’extérieur, mais à l’abri de l’enfermement qu’il permettait, un forme particulière de créativité s’était épanouie entre ses hautes parois de béton, comme dans toute zone qui fait frontière. Un exemple phénoménal, par une représentante d’autant mieux placée de Berlin-Ouest qu’elle avait quitté celle de vedette déjà populaire à l’Est.
Issu du trio qui formait Terranova — si si rappelez-vous, ce groupe de trip hop allemand pas mal, vous avez même peut-être encore le disque sur lequel s’illustrait la photo d’une jolie femme feuilletant une revue porno — Xaver Naudascher a formé un label qui s’appelle Supersoul Recordings, dont nous étions nombreux à tout ignorer jusqu’à ce que DFA sorte récemment un double album compilant certains des meilleurs morceaux de cette petite maison berlinoise. Le disque a eu les honneurs à la fois de Trax et Tsugi, c’est vous dire si c’est bien, mais quelques tracks en particulier sont à marquer d’une croix noire, celle qui désigne les perles electro les plus sombres, qui vous font rapidement fermer les yeux et rêver à une montée narcotique sur la piste d’un club moite — au hasard, le Pulp. Avec un dénommé Paul Mogg, Naudascher signe notamment une perle immédiatement addictive — Moon unit Pt. 2 — et tout seul un morceau dark et lent absolument imparable, Afterlife, pour une fin de soirée ou un after forcément un peu glauque mais totalement électrique. Du très, très bon. Et au passage le label de James Murphy, auquel on doit il y a peu la sortie du génial album d’Hercules and Love Affair, nous prouve qu’il reste une redoutable tête chercheuse, prête à mettre des coups de boule tous azimuts.