post Class A

22 novembre 2009 @ 18:09

par xxx

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post Différence et répétition, endurance et vitesse

27 mai 2009 @ 17:17

par Chloé Amandier

Ou comment les Nuits sonores 2009 ont mis nos capacités d’endurance au défi.

Vendredi 22 mai. Minuit et des poussières. Coddo, Max et moi décidons de poser un pied (et un seul) sur le dance-floor rythmé par R. Villalobos. Il pousse la performance jusqu’à jouer cinq heures d’affilée. De quoi nous laisser le temps d’aller sur les autres scènes. Erreur ! À mon avis, ils ont pulvérisé quelque chose dans l’air de fortement progestéroné. Impossible de quitter le dance-floor. Tu te retrouves piégé comme un con, à danser quatre heures, sans même les voir passer, sans même aller pisser. Est-ce cela, le secret des grands marathoniens ? Un rythme parfaitement calé, des cymbales plein les oreilles, un souffle continu, une transpiration fluide via des pores finement ventilées par le plein air ? La recette est efficace et ce soir là, plus encore que les autres, nous avons réussi à ne profiter que d’un tiers du plateau proposé. Au moins, si je n’ai pas le don d’ubiquité en de pareils moments, c’est celui de la fidélité qui me réussit.

Un DJ set qui fait la différence. Tous les disques fusionnent, baisent, les uns avec les autres. Tous se superposent. L’art de l’enchaînement, Villalobos en fait une théorie du couple. Finie la frime du cross fader. Quand tu viens avec deux cents tracks pour mixer une nuit, ça en impose. La différence, c’est ce 1+1=3. Tu n’entends que ça, d’ailleurs. Cet espace sonore indicible d’où surgit le triolisme, summum de la pratique. C’est l’esthétique de l’endurance dans ce qu’elle a de procréatif.

Quand je vois débouler un jeune homme masqué par un sweat à capuche noir, je demande à Coddo si la faucheuse était sur la liste ce soir. « Non, ma biche, elle a laissé sa faux à l’entrée. » Et là, sous les projections des Anti-VJ, j’ai eu l’impression d’avoir déjà vécu cette scène, tant elle se détachait du temps présent. Les visuels sont beaux, dignes d’une pochette d’Autechre. Les flashes, plus distingués que les habituels stroboscopes, me transpercent la rétine. Et la répétition d’une même scène, déclinée par des boucles de techno, se fait sentir. Elle survient, dans le sordide, lorsque nous sommes passés de 125 BPM à 145… km/h sur le quai Perrache dans Lyon. C’est dans ce taxi lyonnais qui devait nous ramener chez nous que j’ai compris que la faucheuse pouvait s’objectiver dans ces vingt seules unités de vitesse-là. Et se rendre visible dans les flashes technoïdes qu’étaient les feux rouges grillés à répétition de long d’une avenue.

Vivre différemment la nuit, c’est faire un festival en province, se dit le Parisien.

Une rapide recette de la différence

Une rapide recette de la différence

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post Munich Machine

18 décembre 2008 @ 21:41

par raph

Eh oui, il est parti le héros verdâtre, compagnon mortel des après-midis pluvieux , avec son goût de haine de soi, de soi en train de regarder Derrick — et d’aimer quand même un peu ça. Bien sûr pas pour ses intrigues à chier, mais pour la légère impression de nausée qui s’en dégageait, et aussi l’étrangeté d’une Allemagne aussi visiblement emmerdante et réactionnaire, si laide et froide, si triste pour tout dire, qu’on se félicitait à chaque épisode de n’avoir pas pris allemand première langue, ni deuxième d’ailleurs. Restera quand même une musique de générique plutôt canon pour une série si diablement neurasthénique, ici livrée dans une version plutôt baroque.

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post Wild Iggy and the Lazy Stooges

8 septembre 2008 @ 22:28

par Jim Wilde

Ce soir-là, au Showroom on avait fêté les 100 ans de Converse.

MC de la soirée, Philippe Manœuvre s’était fait copieusement huer alors qu’il déroulait son speech historico-promotionnel sur la All Star. À son grand désarroi, le célèbre rock critic avait dû introduire précipitamment celui que tout le monde était venu voir.

Ce soir-là, pas de round d’observation, le vieil Iggy à la peau d’iguane avait jailli  accompagné de ses fidèles Dum Dum Boys pour tout déchirer, fracasser, désintégrer. L’icône punk avait rapidement chevauché les amplis Marshall dans une pose de cow-girl lubrique avant de se jeter dans la foule qui l’avait accueilli les bras ouverts.

Ce soir-là, et certainement comme tant d’autres, le chien sauvage s’était roulé par terre et avait aboyé pour rassembler la meute.

« Fuck ! Shit ! Fuck ! Shit ! Fuck ! Shit ! Fuck ! Shit ! Fuck ! Shit ! »

Ce soir-là,  un ouragan nommé Iggy était passé sur Paris, laissant trois cents personnes sur le carreau. Beaucoup en étaient ressortis hébétés, le T-shirt humide et les Converse crades.

Ce soir-là fut rock.

Iggy Pop : TV-eye

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post beckurt

11 juillet 2008 @ 19:50

par Jim Wilde

Beck : Modern guilt

Kurt Cobain is alive, man.

Paraît qu’il a fait un concert à l’Olympia. Même qu’il cachait son visage derrière sa longue tignasse blonde et une paire de lunettes de soleil en plastique. Non pas blanche mais rose. Il portait sa chemise de bûcheron du grand nord américain mais ses jeans n’étaient pas déchirés. Il a joué des morceaux courts et nerveux mais n’a pas braillé à se claquer les cordes vocales. Il semblait vraiment dépressif mais il ne s’est pas jeté dans la foule, ni sur la batterie d’ailleurs.

Kurt is alive, mais il a mis du sirop de grenadine dans sa musique et se fait appeler Beck.

Son dernier album, Modern Guilt, vient tout juste de sortir.

Enfin, c’est ce qu’on m’a dit…

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post On dirait du My Bloody Valentine

10 juillet 2008 @ 19:35

par Coddo del Porta

Pas subtil, en live, le Ricardo Tobar.
À croire qu’il préfère garder au fond des tiroirs de ses maxis son goût pour les sonorités saturées.
Qui sait s’il assistait au concert de My Bloody Valentine au Zénith mercredi 9 juillet ?
Eux y étaient, en tous cas.

Mais qui, eux ?

Ricardo Tobar : Made

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post musique partout, musique nulle part

25 juin 2008 @ 0:49

par xxx

« La musique du capitalisme industriel ou post-industriel, comme on voudra, présente un trait qui la caractérise, par delà toutes les différences de genres et de style : son omniprésence. Qu’elle soit discrète ou agressive, planante ou rythmée, ancienne ou moderne, savante ou populaire, la musique constitue la “bande son” de la vie quotidienne des sociétés contemporaines, à laquelle il est pratiquement impossible d’échapper. Certains “espaces piétonniers” des centres-villes comportent des haut-parleurs placés à intervalles réguliers, faisant de la rue un centre commercial à ciel ouvert ; quand il n’y a pas de haut-parleurs fixés aux façades des maisons, les boutiques et les cafés en tiennent lieu. Cette “immense accumulation de marchandises” qu’est la société du spectacle implique un accompagnement musical continu, transformant l’existence tout entière en une suite ininterrompue de spots publicitaires. Ceux qui ne veulent pas subir la musique imposée n’ont guère d’autre recours que d’en produire eux-mêmes une plus bruyante et de la transporter avec eux, dans leur auto-radio ou leur baladeur. (…)

C’est bien à ne pas entendre le bruit de fond de notre civilisation que sert toute cette musique constamment diffusée pour ne pas être écoutée. Un bruit si insoutenable dans sa brutalité que nous préférons le dissimuler sous un flot permanent de musique, beaucoup plus rassurant malgré la souffrance de nos oreilles et la confusion mentale qui en résulte, parce qu’il donne l’illusion d’un sens, comme si le chaos pouvait magiquement engendrer un ordre harmonieux. »

Jean-Marc Mandosio, D’or et de sable, Éditions de l’encyclopédie des nuisances, Paris, 2008, p. 281-282

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post NTM is back

18 juin 2008 @ 19:28

par Jim Wilde

« Hé, Jim, j’ai deux invits pour assister à l’enregistrement de La Musicale de Canal+ spéciale NTM, ça te branche ?
— Tu m’étonnes John, que ça me branche. »

Il y a des artistes… Vous vous dites comme ça : « Merde, je les ai loupés, ces cons ! ». Déjà rangé des bagnoles avant d’avoir pu prendre part à l’Histoire. C’est vrai, quoi : quel groupe a le plus compté en France ces quinze dernières années ? Non, mais qui ? Joey Re-sta le dit mieux que personne : « Même les pantalons moule-couilles venaient nous voir jouer. »
Alors ce soir je vais pas louper l’occasion de me racheter une conduite. Et même que pour lui faire plaisir, j’ai mis mon plus beau falzar, un truc dans lequel je ne peux même pas glisser un billet de 5.

Le chauffeur de salle nous prévient : « Va falloir poser les cerveaux et mettre le feu, parce que ce soir c’est un événement. Les gars reviennent jouer à la maison. » OK, mec. On va foutre la foire et tout le monde est cor-da. « Et puis si une caméra vous film, faut pas vous arrêter. » Ok, mec. On peut faire des doigts d’honneur ou pas ?

L’émission commence, Emma de Caunes se lance dans l’arène et introduit « NeuTeuMeu ». Et le groupe de rugir comme un lion trop longtemps gardé en cage…

« Tout le monde le bras en l’air… »

Dix ans que Joey Starr et Kool Shen n’étaient pas montés ensemble sur scène, alors les deux se cherchent et se bousculent comme d’habitude.

Six morceaux, entrecoupés d’interviews, joués devant une centaine de privilégiés, juste de quoi saliver avant les cinq dates à Bercy en septembre.

« Fonk, Fonky Fresh… »

La Musicale sur Canal+, vendredi 20 à 20h50.

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post Folks au Café de Paris

17 juin 2008 @ 12:27

par Delphine Quême

J’ai assisté la semaine dernière à un concert acoustique de Folks (d’un quart de Folks pour être précise : son chanteur seul à la guitare).

J’étais heureuse pendant et après.

La première partie que j’ai trouvée super bien (le groupe Land), m’a surtout permis a posteriori de me rendre compte à quel point Folks est en tous points exceptionnel.

La voix de son chanteur, la beauté des compositions, ce mélange (typique de toutes leurs compositions) de chaud-froid où l’intense et le rapide alternent souvent avec le lent et le doux (à la Nirvana dont l’influence est palpable) et pour finir l’émotion dégagée par des accords d’une extrême finesse à la Sonic Youth, dont la filiation est, elle aussi, évidente, me font vraiment adorer la musique de ce groupe.

Cela fait quelques années que je les connais : j’avais eu l’extrême joie de choisir parmi les lauréats du concours des Inrocks CQFD le groupe qui me plaisait le plus afin de le remixer. Et ce sont eux que j’avais choisis.

Chaque fois que je sors d’un de leurs concerts, je me tords le cerveau pour chercher une raison qui expliquerait le fait qu’ils n’ont pas encore explosé. Je n’en trouve pas.

Voici deux videos enregistrées (en exclusivité pour Une Nuit Sous Influence !) lors de ce concert le 4 juin au Café de Paris :

Première vidéo

Seconde vidéo

Vous trouverez toutes les informations sur ce groupe à cette adresse.

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post Saint Daniel, prie pour nous

12 juin 2008 @ 15:48

par Jim Wilde

Daniel Darc

Le terme de rock and roll, il n’en veut plus. Celui de punk, il ne veut plus en entendre parler. Trop réducteur pour Daniel Darc. Revenu de tout ou plutôt de rien, l’ex-chanteur de Taxi Girl est arrivé sur la scène de l’Olympia en titubant, en déséquilibre perpétuel, toujours au bord du gouffre. Son visage de quinquagénaire magnifiquement projeté en triptyque. Vidéo noir et blanc. Image 80 pour ce rescapé de la cold wave made in France.

Quatre lettres rouges D.A.R.C. qui descendent du ciel pour illuminer la salle mythique.

Finis les synthés et les boîtes à rythme. En ce joli mois de mai 2008, les guitares refleurissent et Daniel Darc semble être resté cet adolescent au regard arrogant et sensible que l’on voit sur les photos, celles qui ont illustré la fulgurance Des jeunes gens mödernes à la Galerie du Jour.

Les sentiments sont à fleur de peau. Daniel Darc, toujours sur le fil, parle, plaisante, engueule. Les morceaux, tirées d’Amours suprêmes et de Crèvecœur, s’enchaînent sombres et splendides. Lui profite de chaque seconde comme si c’était la dernière. Mais déjà la fin approche, alors il tire sur la corde, se prosterne devant celles du violoncelle qui part en solo. Fragile, sincère et en quête de rédemption, Daniel Darc se lance dans une interprétation du Psaume 23 sur fond de Sad song reedien.

Le temps d’une éclipse et Darc revient Chercher le garçon d’un geste nerveux et rapide. Fin des années 1970, Daniel Darc se tranchait les veines sur scène. Ce soir, il choisit d’apposer sur sa peau noircie par les tatouages une Croix brûlante. Le Paradis lui tend les bras, lui qui a vécu en Enfer.

Daniel Darc : Psaume 23

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