Jeudi 21 janvier 2010, le PoneyClub54 se penche sur des objets obscurs. En compagnie des membres du label francp-britannique Desire records, plongée dans les tréfonds de la coldwave avec Project:Komakino, entre autres. Les vieilles machines vintage comme on les adule, des cols à la mode Kraftwerk et autres étincelles puisées du côté de Londres et d’ailleurs. Au programme, de Kasms à //TENSE//, préparez-vous à du dark – mais attention, “dark, no black”. En deuxième partie d’émission, leur mix en direct.
Le 19 novembre 2009, PoneyClub 54 recevait Étienne Jaumet pour une heure trente de bonne musique : la sienne (son album Night music tourne en boucle sur nos platines depuis sa sortie, et dans nos têtes) et celle qu’il nous a apportée. De choses étranges, des choses étrangement belles.
Le podcast de l’émission est disponible sur le site de Radiocampus Paris, à cette adresse.
Quarante ans après leur mort et un certain nombre d’autres années après la mort de deux des leurs, les Beatles n’en finissent pas de ressusciter. Le neuf-neuf-neuf, censé rappeler, a-t-on dû glisser dans le dossier de presse, le « number nine… number nine » énigmatique de l’album blanc, sortaient simultanément les versions remasterisées de leurs albums originaux et un jeu pour console.
On ne nous épargnera aucun superlatif ni la moindre comparaison élogieuse improbable, mais rien n’y fera : la puissance de leur musique n’avait pas attendu l’ère du numérique et de la remasterisation pour secouer les oreilles et les corps entiers des fans. Cette fausse nouveauté ne provoquera donc pas la moindre secousse, si ce n’est du côté d’EMI qui espérait en tirer un profit colossal, mais qui, comme attendu, se trouve confronté à leur piratage massif depuis les premières minutes de leur sortie. C’est le coup de l’enculeur enculé, largement mérité, soit dit en passant. J’avais déjà eu l’occasion de donner mon point de vue sur la question non loin d’ici.
Je parie pour finir que, remasterisation ou non, on ne comprend toujours pas ce qu’ils avaient voulu dire par là :
The Beatles : Revolution 9
Ou comment les Nuits sonores 2009 ont mis nos capacités d’endurance au défi.
Vendredi 22 mai. Minuit et des poussières. Coddo, Max et moi décidons de poser un pied (et un seul) sur le dance-floor rythmé par R. Villalobos. Il pousse la performance jusqu’à jouer cinq heures d’affilée. De quoi nous laisser le temps d’aller sur les autres scènes. Erreur ! À mon avis, ils ont pulvérisé quelque chose dans l’air de fortement progestéroné. Impossible de quitter le dance-floor. Tu te retrouves piégé comme un con, à danser quatre heures, sans même les voir passer, sans même aller pisser. Est-ce cela, le secret des grands marathoniens ? Un rythme parfaitement calé, des cymbales plein les oreilles, un souffle continu, une transpiration fluide via des pores finement ventilées par le plein air ? La recette est efficace et ce soir là, plus encore que les autres, nous avons réussi à ne profiter que d’un tiers du plateau proposé. Au moins, si je n’ai pas le don d’ubiquité en de pareils moments, c’est celui de la fidélité qui me réussit.
Un DJ set qui fait la différence. Tous les disques fusionnent, baisent, les uns avec les autres. Tous se superposent. L’art de l’enchaînement, Villalobos en fait une théorie du couple. Finie la frime du cross fader. Quand tu viens avec deux cents tracks pour mixer une nuit, ça en impose. La différence, c’est ce 1+1=3. Tu n’entends que ça, d’ailleurs. Cet espace sonore indicible d’où surgit le triolisme, summum de la pratique. C’est l’esthétique de l’endurance dans ce qu’elle a de procréatif.
Quand je vois débouler un jeune homme masqué par un sweat à capuche noir, je demande à Coddo si la faucheuse était sur la liste ce soir. « Non, ma biche, elle a laissé sa faux à l’entrée. » Et là, sous les projections des Anti-VJ, j’ai eu l’impression d’avoir déjà vécu cette scène, tant elle se détachait du temps présent. Les visuels sont beaux, dignes d’une pochette d’Autechre. Les flashes, plus distingués que les habituels stroboscopes, me transpercent la rétine. Et la répétition d’une même scène, déclinée par des boucles de techno, se fait sentir. Elle survient, dans le sordide, lorsque nous sommes passés de 125 BPM à 145… km/h sur le quai Perrache dans Lyon. C’est dans ce taxi lyonnais qui devait nous ramener chez nous que j’ai compris que la faucheuse pouvait s’objectiver dans ces vingt seules unités de vitesse-là. Et se rendre visible dans les flashes technoïdes qu’étaient les feux rouges grillés à répétition de long d’une avenue.
Vivre différemment la nuit, c’est faire un festival en province, se dit le Parisien.
Je pensais atteindre l’extase sonore et je peux dire que je reviens des limbes aux cris des plus agités.
Hier soir, vendredi 15 mai 2008.
Je me réjouis naïvement d’être en possession de cette chose précieuse qu’est un bout de papier imprimé me garantissant une entrée gratuite avant 1h30. Ah… bonheur, tu es là…
Rendez-vous devant le Bataclan un peu avant 1 heure, par précaution, avec Paul Kalkbrenner, Kiki, Chloé et ces gens de BPitch ctrl. Est-ce le plateau ou la profusion d’entrées gratuites imprimées à tout va, à l’origine de ce magma de chair humaine entassée sur des mètres et des mètres, au delà des vapeurs grasses du kebab d’à côté ?
Confiante toutefois, je m’y plonge, en faisant boucler ma langue avec des phrases typiques d’une agoraphobe en quête de réconfort : « T’inquiète, on va vite rentrer, il y aura de l’air. Et puis, ça tient chaud. Hum, c’est quoi ton parfum ? »
Sauf que le magma de chair est mouvant, d’avant en arrière, avec des cris dignes de supporters de foot de deuxième division, que des bouteilles en plastiques volent, que des clopes s’allument alors que tu n’as même pas la place pour ouvrir une narine, que tu ne sais plus que tu as un orteil gauche. Je dirais 300 individus.
L’hystérie grimpe progressivement, mêlant peurs, excitations, alcool, envie de rentrer, envie de pisser… Impossible de s’en échapper.
Des hurlements. Des pleurs. Les gens heureux à l’intérieur sont protégés du spectacle : on les autorise à fumer à l’intérieur, pour qu’ils n’assistent pas au spectacle depuis le fumoir du dehors. Les videurs ont les pupilles paniquées. Un garçon enlèvent son t-shirt et saute au cou d’un autre. Une fille le tape.
Reculez, reculez ! Peuple ! Mais où ? Pour quoi ?
Les hommes de la sécurité estiment efficaces les techniques du rugby : courbé en avant, l’échine stable, tête baissée, les bras embrassant. Filles en pleurs, garçons en rage, par dizaines plaqués puis entassés dans la douleur, les uns sur les autres, sont ainsi écartés jusqu’à l’intimité silencieuse d’avec le caniveau du boulevard Voltaire. Une violence rare.
Plaquages au sol justifiés par le simple fait que tu n’a pas reculé d’un mètre ?
Je vais te tuer !
Et les obstinés déterminés à rentrer tout de même dans la soirée, ceux-là auront eu finalement à payer leur place, car le gong de 1h30 avait sonné depuis bien longtemps, évidemment ! J’espère sincèrement que leur jouissance aura été de taille.
Je n’ai rien compris à tout cela. Je ne sais pas si j’ai bien vu.
la jouissance par 20cm²
Nec audiendi qui solent dicere, Vox populi, vox Dei, quum tumultuositas vulgi semper insaniae proxima sit.
(Et ces gens qui continuent à dire que la voix du peuple est la voix de Dieu ne devraient pas être écoutés, car la nature turbulente de la foule est toujours très proche de la folie.)
Dimanche 31 mai, à 17 heures, à la boutique du CENTQUATRE, on ne tourne pas en rond, mais on s’obstine autour d’une table [ronde]. On discute des premiers cris des premiers pas et… Dudevenir des revues.
En présence des représentants de Lignes, Vertigo, Art21, Friction et Trouble.