post Je suis Daft Punk

16 mars 2009 @ 0:13

par Coddo del Porta

Ou alors, c’est ma cousine. Ou toi. Ou le voisin du dessus. Ou le fils (douze ans) de la concierge. Ou le fils (19 ans) de la concierge. Ou la concierge. Ou ton prof de latin. Ou ta sœur. Ou ta mère. Ou ta grand-mère. Ou ton chat. Ou mes azalées. Mais en fait, c’est moi. La preuve à cette adresse.

Mais puisque je vous dis que c'est moi

Mais puisque je vous dis que c'est moi

D’après Kill The DJ, « We are all dysfunctional » : veuillez notez que d’après Une Nuit Sous Influence, dorénavant, « Nous sommes tous Daft Punk. ». Surtout moi.

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post Ze riturn of Bobby Digi !

28 février 2009 @ 9:22

par raph
Le super héros se repose

Le super héros se repose

Mince, me demandais-je, le hip hop est-il le bienvenu dans ces pages ? Pourtant il y aussi du bonheur sur cette planète ! J’en veux pour preuve le retour inopiné du grand RZA, cintré dans son épouvantable costume de Bobby Digital, super héros blaxploitation d’inspiration ninja avec lequel il sévit pour la troisième fois en dix ans pour faire trembler les enceintes de ceux qui pensent  – et j’en suis – qu’il est bien l’un des plus classieux de tous les rappeurs ricains. Nulle surprise sur cet album où le boss du Wu Tang utilise toutes les recettes éprouvées depuis longtemps dans son studio : il rappe toujours trop fort, trop faux, trop sec, sur de magnifiques petits gimmicks soul, derrière lui des femmes lui susurrent des choses à forte connotation sexuelle et quinze personnes viennent poser leurs voix dans le morceau, si possible à contretemps. De la balle. Une bande son pour la coke, la bagnole, le cul.

RZA as Bobby Digital : Digi snacks

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post Face amour, face amère

23 février 2009 @ 20:29

par Coddo del Porta

tirée au clair

En matière de musique, la nouveauté, c’est ce qui vient de sortir.

La modernité, à l’inverse, met au jour le fait qu’on n’avait pas les oreilles qu’il faut pour l’entendre. En d’autres termes, on ne l’entendait pas de cette oreille.

La modernité est à l’avant d’elle-même.

La nouveauté est à l’avant des rayonnages.

En 1860, M. Scott de Martinville inventa le phonoautographe, un appareil qui enregistrait visuellement les sons à l’aide d’un stylet sur un rouleau de papier, à la manière d’un sismographe.
En 2008, un laboratoire de Berkeley a retraduit en sons l’image ainsi obtenue et conservée depuis près de cent cinquante ans 1. Qui aurait cru que la modernité prendrait un jour la forme d’une comptine ? Qui aurait cru que la modernité était inécoutable ?

Au clair de la lune

  1. Tous les détails en langue anglaise sur ce blog.
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post PARIS SUCKS !

8 février 2009 @ 13:41

par xxx

Mireille Mathieu : Ciao Bambino sorry

France Copland : Pute et mac

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post Un oizo/agneau post-moderne

22 janvier 2009 @ 19:11

par Jack LockerRoom
Allez tous vous faire ...

Garde à vous!

Écouter le dernier album de Mr Oizo – Lambs anger (Ed Banger) – m’a fait sauter les deux couronnes du fond et m’a foutu des gingivites plein la bouche. Résultat, intervention du dentiste un dimanche après-midi férié, 75 euros pour calmer la douleur, merci Quentin.

J’ai pas aimé. Mais pas aimé du tout.

Et pourtant, Mr Oizo pose une pierre blanche dans le paysage électronique avec cet agneau en rogne.

Mon prof d’histoire de l’art aimait à répéter que dans tout nouveau courant, trois type d’artistes intervenaient : les avant-gardistes inventent le genre par leurs expérimentations, les mainstreams l’utilisent intelligemment pour le porter aux oreilles du public le plus large, et les baroques déconstruisent et pervertissent pour signer son arrêt de mort.

Oizo fait partie de la dernière famille, celle qui s’amuse à montrer la vacuité de la hype et le vide, toujours le vide. Mais Quentin Dupieux ne s’arrête pas en si bon chemin : en plus de porter le cadavre de la French touch 2.0, il en profite pour charcuter, pêle-mêle, le clubbing et ses danseurs robotiques/bourrés, les classiques de la house et leurs samples grillés jusqu’à l’os, l’imposture du DJ pousse-disque, les clubs et leurs patrons avides, bref, il déconstruit méthodiquement chaque terme du dico electro en laissant des traces de caca sur toutes les pages.

Il est tellement vindicatif, cet Oizo, que sa rage l’atteint lui même, rognant son talent de compositeur/cut up, salopant sa chemise de DJ imposteur, et éclabousse de vomi sa culpabilité de mec bankable du moment. Bref, pas facile d’être une star de l’underground electro quand on désire ardemment n’être qu’un punk à l’ancienne.

Et c’est là que la magie opére : l’œuvre, ce n’est pas ce troisième album – quasi inécoutable et chiant comme un post de bloggueur à casquette – mais bien Oizo, artiste à part entière qui se débat désespérément dans ce merdier de la nuit en proposant à ceux qui veulent danser de l’indensable, à ceux qui veulent des héros en quadri sa sale gueule de trentenaire fatigué.

Résultat : achetez cet album, mais ne l’écoutez pas, encadrez-le pour le placer dans votre salon avec écrit dessus au marqueur « J’encule les cons qui dansent ! La French touch 2.0 c’est fini ! ». Lisez toutes ses interviews, faites des photocopies et distribuez-les dans les clubs comme des tracts de propagande. N’allez jamais l’entendre mixer (très mauvais), mais conseillez à tout le monde d’y aller, car pour vous, c’est le plus grand DJ du moment.

Bref, participez à la grande œuvre post-moderne de Oizo, car il aura droit à coup sûr à une grande exposition monographique au Palais de Tokyo en 2030, et pour cause : Oizo est le premier DJ à introduire une posture post-moderne dans (aïe !) la scène électronique.

Mr oizo : Gay dentists

PS : Ce dentiste gay met cher à Hamilton Bohannon ! Et Oizo mate…

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post Munich Machine

18 décembre 2008 @ 21:41

par raph

Eh oui, il est parti le héros verdâtre, compagnon mortel des après-midis pluvieux , avec son goût de haine de soi, de soi en train de regarder Derrick — et d’aimer quand même un peu ça. Bien sûr pas pour ses intrigues à chier, mais pour la légère impression de nausée qui s’en dégageait, et aussi l’étrangeté d’une Allemagne aussi visiblement emmerdante et réactionnaire, si laide et froide, si triste pour tout dire, qu’on se félicitait à chaque épisode de n’avoir pas pris allemand première langue, ni deuxième d’ailleurs. Restera quand même une musique de générique plutôt canon pour une série si diablement neurasthénique, ici livrée dans une version plutôt baroque.

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post Sunday evening

15 décembre 2008 @ 1:18

par xxx

Alice Machine : Night Hunt (tigersushi presents more g.d.m 2002)

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post Are you living in proper time, old shmock ?

2 décembre 2008 @ 20:19

par Jack LockerRoom
the exist, please ?

the exit, please ?

L’époque est au double doute sans glace.
Alors que toute personne possédant un ordinateur et une connexion à Internet peut se constituer gratuitement un home studio high-tech, beaucoup de producteurs et d’artistes préfèrent se tourner vers un âge d’or révolu où tout était mieux,  nouveau, plus intense, plus fun, bref un temps où nous étions jeunes et beaux. [ndlr : … et cons à la fois.]
Internet et la possibilité d’avoir dans un boîtier — pas plus gros qu’une plaquette de beurre de 250 g — 500 Go de musique a permis à toutes et à tous d’explorer ces cinquante dernières années de musique, de se replonger dans les grandes fulgurances des années 1960, 1970, 1980… Quel monde merveilleux que celui des pionniers, des premiers synthés et des premières expérimentations, la naissance du sampling, les premiers logiciels d’édition audio, ce wonderland personnel où l’histoire de la musique s’écrit gentiment sur nos écrans en haute résolution, devant nous confortablement installés dans un fauteuil full confort.

1987

1987

Ce Wonderland, sorti sur Sureplayer Records en avril 2008 et composé par Denis Naidanow et Tyree Cooper en fait partie : tout y est, de la rythmique so 90’s qui tourne en boucle, à la voix masculine so, so Chicago House 87, en passant par les pads made in Detroit et les montées de caisse claire ravy. Bref, un pur track de house à l’américaine, un classique à ranger à coté du Promised land de Joe Smooth, pourrions-nous dire, si ce track n’était sorti cette année.

Plus qu’un revival (système déjà outdated qui aura fait les choux gras de la fin des années 1990), cette imposture jubilatoire — que l’on retrouve de Zombie Zombie au déterrement des vieilles stars oubliées type Black Devil Disco Club, en passant par la nouvelle scène rock « dansable » et son énorme pompage des groupes underground rock de ces quarante dernières années (qui arrive à jouer de la guitare aujourd’hui sans copier honteusement les Buzzcocks ou les Talking Heads ?), sans oublier la vague des re-edits disco — nous permettra-t-elle de déboucher sur un nouvel eldorado propre à atténuer nos peurs de trentenaires en descente ? [ndlr: Re-vieux con ! Tu sors !]

La question est posée, la réponse a sûrement déjà été donnée en 1994.

Denis Naidanow feat. Tyree Cooper : Wonderland

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post Turn the Tom Moulton around

29 novembre 2008 @ 13:39

par Jack LockerRoom
Tom Moulton

Tom Moulton

Turn the beat around, le nouveau livre de Peter Shapiro — responsable éditorial du très réussi ouvrage collectif Modulations publié chez Allia en 2004 — vient d’être traduit dans la langue de Patrick Hernandez chez le même éditeur.
C’est l’occasion rêvée pour découvrir ou redécouvrir les origines de cette dance music qui fait encore transpirer l’humanité jusqu’au petit matin.

Tom Moulton est sans conteste le père de cette culture. On y apprend que c’est lui qui, observant la réaction des danseurs devant les coupures opérée entre chaque morceau, décide de coucher sur bande un mix continu de 45 minutes (ce laborieux travail réalisé sur un magneto  Wollensak lui prendra 80 heures !) pour pousser les danseurs à rester sur la piste et gagner la transe. Il y enchaîne des titres de black music au tempo, rallonge les breaks et coupe les passages sans intensité : bref, il réalise la parfaite bande son pour danser.

C’est encore lui qui réalisera en studio les premiers remixes en appliquant à la source ces manipulations pour créer des versions longues, égalisant les pistes séparées pour renforcer l’énergie des drums, accélérant certaines parties, déconstruisant cette musique pop bâtie sur la structure couplets-refrain pour établir un nouveau format, plus long, plus progressif, plus hypnotique, plus addictif — l’arme ultime des deejays.

C’est enfin lui qui, début 1975 et avec l’aide de l’ingénieur du son José Rodriguez, grave le fruit de ce travail non pas sur un 45-tours mais sur une matrice douze pouces :

Mon Dieu, c’était incroyable, mec, je te dis pas. [...] En comparaison, les sept pouces habituels avaient un son merdique. Les niveaux étaient tellement… La dynamique, la basse, l’ensemble, le volume, on aurait dit… C’était comme écouter une copie de cinquième génération, puis soundain entendre la bande master. 1

Le maxi 45-tours venait de naître et avec lui cette nouvelle culture qui perdure aujourd’hui.

Avec ce livre, on entend enfin les spécificités de cette culture, ce qui la différencie de la pop et des autres grands mouvements musicaux du XXe siècle : le flux continu de la musique (à l’intérieur du morceau en version longue et à l’extérieur en se mariant avec d’autres morceaux), le but enfin avoué de parler autant au corps qu’à l’esprit, et une volonté d’indépendance envers l’industrie classique du disque en créant des disques aux productions puissantes pour les clubs et non plus uniquement pour les radios.

Cette version spéciale de Moulton du morceau Moonboots d’Orlando Riva Sound en est un exemple emblématique : 9 minutes et 32 secondes de reconstruction, d’effets et de sons synthétiques qui projettent la musique vers un nouvel horizon, celui de la révolution électronique des années 1990.

Enjoy.

Orlando Riva Sound : Moonboots (Tom Moulton 12″ promo only version)

  1. Peter Shapiro, Turn the beat around, éditions Allia, 2008
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post Format:B descend dans la mine Melting Shuffle

29 novembre 2008 @ 13:21

par Jack LockerRoom
underground digger

underground digger

Franziskus Sell et Jakob Hildenbrand a.k.a. Format:B viennent de sortir leur premier album Steam circuit sur Highgrade Records. Pas d’interludes downtempo ici, juste douze tracks à mixer ou à écouter dans son salon, mais en sautant à pieds joints sur le canapé. Et on peut dire que les deux chouchous de Berlin développent ici la bonne formule qui peut sauver l’Allemagne de ce bourbier vidé de sens qu’est devenu la techno minimale.
Et pourtant, Format:B est tout sauf minimal (malgré ce que l’on peut lire sur certains sites qui découpent encore les dossiers de presse avec un ringard Ctrl/C-Ctrl/V). Moi, j’avancerais même le terme de techno « Melting Shuffle » (je sais, c’est osé).

Alors, c’est quoi la formule du « Melting Shuffle » ? Écoute bien, je ne le dirai pas deux fois :

  • First, t’arrête d’écouter qu’un sous-genre de techno et tu ouvres tes oreilles. Au programme de ta rééducation accélérée :
  • La microhouse du début des années 2000. Pour faire vite, réécoute tout Akufen et tu vas de suite comprendre. Tu élagues un peu, et tu pousses le Global Groove d’Ableton Live jusqu’à ce que tes hanches ondulent sous la chaleur.
  • La minimale, c’est fini, mais pas encore. Comme t’en as bouffé non stop depuis cinq ans, t’es encore tout bouleversé à l’intérieur, pas la peine de devenir schizo, tu vires le pire et tu gardes le meilleur, à savoir la prod clean, les percus et les balles de ping-pong qui rebondissent, les boucles hypnotiques et les toms atonales. Cool, non ?
  • Les Anglais picolent du dubstep du matin au soir, le reste du monde pas une goutte. Rectification, tu t’inities aux basses vrombissantes à ondes carrées, n’hésite pas sur la saturation et la reverb, le but est de décoller les joints de placo de tes voisins.
  • De Tim Green à Danton Eeprom, tout le monde a la voix grave aujourd’hui. (Une étude récente de l’OITE a montré que c’était à cause de la triple dose de clope en after, du fait qu’on ne peut plus fumer en club.) Tu n’échappes pas à la règle, mais passe-la bien à la moulinette, découpe-la et fourre le tout dans Native Instrument Battery 3. Il te reste plus qu’à te prendre pour Stevie Wonder sur ton clavier midi, et le tour est joué.
  • Tu vis avec ton époque maintenant, même si t’as plus de 30 ans et si tu n’es jamais un fluokid, écoute Sebastian et Surkin, ça te décomplexera le lobe gauche du cerveau. Du coup, t’as plus peur du dictat des genres et des tribus et tu injectes tout dans tes prods, du sample de flaque d’eau à la montée de pad façon 1998. Yeah !

Voilà, Format:B sont les kings de la techno « Melting Shuffle », c’est pas toujours très fin mais ça réveille les zombies sur la piste de danse, monsieur. Pour vous le prouver, le tube de l’album avec Jack the Rapper qui s’invite au micro.

Enjoy.

Format:B : Something suitable

Le site officiel de Format:B

Le profil MySpace de Format:B

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