Ne pas hésiter
16 juillet 2011 @ 9:59
L’intérêt des comédies musicales consiste dans l’immodération avec laquelle elles rendent compte de ce qui les constitue. Action, réaction, sentiments, nécessité tragique ou comique – vers la mort ou l’amour : tout y est représenté dans une dimension hyperbolique, peut-être parce que, à la théâtralité (autrement dit à la conjonction du fait voir [le montré] et du fait savoir [l'énoncé]), se surajoute la musicalité (le fait entendre).
La preuve avec ce morceau, conjonction lui aussi, mais de deux morceaux préalablement séparés sur l’album Diamond dogs, et en l’occurrence rapprochés et mêlés dans l’idée de les intégrer à une comédie musicale sur le thème de 1984 – le roman de George Orwell. Les cuivres étaient déjà là, les basses aussi, les violons, les chœurs, la voix (cette voix !) dans les deux morceaux séparés : mais les voici, réunis en un seul, immodérément enchevêtrés. Jouissance de l’excessif.
La comédie musicale ne fut jamais montée. Jouissance de l’excès en pure perte.
David Bowie : 1984/Dodo


