Lorsque les images redoublent la musique, on peut dire que le but est manqué : au lieu de lui fournir une assise ou un appui, elles la précèdent et la masquent. Lorsque la musique ne se laisse pas réduire à un récit où les images pourraient s’engouffrer, la possibilité qu’elles soient étranges et par là-même intéressantes s’en trouve augmentée. En voici un exemple avec une brève vidéo de Loki Starfish, Intermezzo, réalisée par Olivier Solère. Leur album, Love-like banners, est sorti sur le label Gigantic Ego.
Si vous aimez TV On The Radio, vous reconnaîtrez certainement la voix de Tude Adebimpe, posée sur du bon son qui pour une fois ne lui appartenait pas. La vidéo vous rappellera ce que les années quatre-vingt des films expérimentaux ont produit de meilleur, ce qui n’est pas si fréquent à l’heure où l’on préfère dans les « clips » que s’entrecroisent des rubans multicolores, propulsés par un algorithme.
No Surrender dont l’album Medicine babies est sorti sur le label Zer0Killed Music, jouent le vendredi 24 juin 2011, jour de la saint Jean, au Social Club. Enfin une solution alternative au brûlage de fesses en sautant par-dessus des feux de joie.
L’album de Metronomy English Riviera est splendide, le titre The Bay le plus réussi de tous, mais le clip parfaitement nul. Vous n’aurez qu’à fermer les yeux.
Difficile de ne pas faire la comparaison à la fois entre le passé de New Order, déjà sombre et assombri par la mort de Ian Curtis, et cette vidéo où le groupe a l’air si lumineux et joue et chante lumineusement – ce à quoi la présence féminine de Gilian Gilbert n’est sans doute pas étrangère, moins pour ce que le féminin et le lumineux auraient partie liée nécessairement, qu’en raison de ce qui la liait alors à Stephen Morris : l’amour –, et entre cette vidéo et l’avenir du groupe, c’est-à-dire le présent de ces hommes aux traits tirés et au ventre rebondi. Comme quoi, le temps, c’est exclusivement de l’espace, je l’ai déjà dit.