En l’absence de réponse à la question du temps (qui se tord en deux autres : celle de l’affect et celle de l’espace), il est toujours bon de proposer une métamorphose, moins en guise de substitut que pour défaire, disons même démembrer l’absence et la remembrer en la présence d’autre chose – en l’occurrence, le souffle.
Lyrics :
I am the Time Master
I can make the Earth
Spin a little bit faster
I am the Night Bender
Sleep for a hundred years
And wake up a minute later
Parle-t-on aussi de gravité lorsqu’il est question du son ? En ouverture du nouvel album de WhoMadeWho (Knee deep, chez Kompakt), « il y a une réponse à cela » : elle dit que les instruments à vent (de même que la voix, je crois, mais cette réponse-là n’est pas donnée ici d’une part, et de l’autre la voix se range aussi du côté du vent) créent du plein dans les graves. 1° Vider ses poumons. 2° Remplir l’espace. 3° Remplir ses poumons. 4° Se remplir d’espace. 5° Vider ses poumons…
De la voix de Robert Wyatt on disait qu’elle était unique, de quoi l’on a préféré sans doute éviter toute mention nulle part de cette voix à la Robert Wyatt dans ce morceau tournant sur un lui-même qui manque étrangement de circularité. Le mélange de cette rythmique continue avec cette voix perdue dans la nue dure plus de douze minutes – moins de rock’n'roll, donc moins de pénétration, mais plus de caresse.
Est-ce constitutivement qu’une certaine musique de danse est pédée ou bien est-ce le cliché du pédé aimant la musique de danse qui infléchit le discours sur cette musique vers un pôle pédé ? Ce remix, quoiqu’il en soit, dispose d’une dose certain de pédé. Voilà bien un morceau à la hauteur des ambitions.