post Abeilles bleues, scorpions qui dansent

26 juin 2010 @ 16:39

par Coddo del Porta
scorpion qui danse ?

scorpion qui danse ?

Un monument de 1987 que j’avais oublié – merci, XXX, pour ce monumental rappel : Fuis, Lawrence d’Arabie par Annabelle, ici dans ce que l’on appelait alors une « extended version » et que je jugeais, mais par erreur, être du remplissage pur et simple.

Annabelle : Fuis, Lawrence d’Arabie (extended version)

Les paroles ou lyrics de la chanson ci-dessous. (Lire la suite…)

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post PoneyClub 54 Jérôme Pacman

23 juin 2010 @ 18:36

par Coddo del Porta

Le 17 juin 2010, PoneyClub 54 recevait Jérôme Pacman pour une heure trente de bonne musique : après un entretien durant lequel il revenait sur son parcours musical, de son passage par le break dance à son premier sampler, de sa passion pour la house à ses amitiés musicales (D’julz, Jef K et les autres), un mix particulièrement chaud et house. On n’en attendait pas moins de lui.

Le podcast de l’émission est disponible sur le site de Radiocampus Paris, à cette adresse.

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post Oiseau de nuit

21 juin 2010 @ 23:34

par Coddo del Porta
et de la déesse Athéna

et de la déesse Athéna

De même qu’il arrive au poète de composer un poème où il parle de composer un poème, de même parfois les musiciens écrivent des chansons qui parlent d’écrire des chansons, d’en jouer, d’en entendre – d’en produire, pourquoi pas.

Sur l’album Le Chanteur, en 1978, cette chanson-ci de Daniel Balavoine, beaucoup plus simple et plus simplement arrangée que bien d’autres, dit surtout que la musique premièrement a à voir avec la nuit, deuxièmement est affaire d’amitié, qu’il s’agisse d’en faire, d’en écouter ou de discourir sur elle – souvent d’ailleurs les trois ensemble ou à proximité.

Elle a donc toute sa place ici.

Daniel Balavoine : Oiseau de nuit

Les paroles ou les lyrics de la chanson Oiseau de nuit au complet dans la suite. (Lire la suite…)

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post Piano

13 juin 2010 @ 17:48

par Coddo del Porta
presque du Escher

presque du Escher

À cette manière seconde de composer de la musique sans instruments, par le biais de machines qui imitent les sonorités de ces derniers, répond en symétrie la possibilité de traiter les instruments physiques comme si leurs sonorités avaient les mêmes propriétés que celles issues des machines, quand on n’utilise pas pour cela non plus des instruments, mais de simples objets et les bruits qu’ils rendent lorsqu’on les frotte, cogne, agite, qu’on y souffle par telle extrémité ou fait couler du liquide par telle autre, qu’on les brise ou les caresse. Les boîtes à rythme et les synthétiseurs de toutes sortes d’un côté, les enregistrements d’instruments physiques et de voix passés à la moulinette des échantillonneurs et des séquenceurs de l’autre – le résultat est une musique hybride, chaque côté ayant le regard tourné vers l’autre, comme si l’un réclamait une reconnaissance (que le son de tel instrument synthétique est bien imité, par exemple) et l’autre un laisser-passer pour la modernité (sous prétexte qu’elle se manifesterait aujourd’hui de manière exclusive par le traitement ou la mise aux normes numériques).

De là une créativité nécessairement hybride, puisque chaque méthode consiste à faire retour sur l’autre (imitation ou mise aux normes), donc tout aussi nécessairement bridée. On tourne en rond.

Wolfgang Voigt : Verwandlung

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post Voix

2 juin 2010 @ 15:09

par Coddo del Porta
En juillet 1518, une femme nommée Frau Troffea se mit à danser frénétiquement dans une rue de Strasbourg. Elle continua pendant environ 6 jours. En l’espace d’une semaine, trente-quatre personnes l’avaient rejointe et au bout d’un mois c’est une foule de quatre cents personnes qui dansait sans pouvoir s’arrêter. Les autorités ne trouvèrent rien d’autre à préconiser que “d’avantage de danse” pour soigner les possédés, si bien qu’à la fin de l’été, la plupart moururent d’attaques cardiaques, ou d’épuisement.

En juillet 1518, une femme nommée Frau Troffea se mit à danser frénétiquement dans une rue de Strasbourg. Elle continua pendant environ 6 jours. En l’espace d’une semaine, trente-quatre personnes l’avaient rejointe et au bout d’un mois c’est une foule de quatre cents personnes qui dansait sans pouvoir s’arrêter. Les autorités ne trouvèrent rien d’autre à préconiser que “d’avantage de danse” pour soigner les possédés, si bien qu’à la fin de l’été, la plupart moururent d’attaques cardiaques, ou d’épuisement.

Que Cass Elliot soit morte ou non en avalant un sandwich de travers importe peu : ce qui valait surtout n’était pas ce qui serait entré, mais ce qui était sorti, d’elle comme des trois autres membres de The Mamas and the Papas – un tourbillon de voix.

La puissance de leurs arrangements vocaux confère à certains titres, en dépit de leur caractère médiocre, une indéniable beauté. De ces vieilles scies, Dancing in the streets n’est pas la moindre, dont Bowie et Jagger usèrent pour montrer, gesticulations à l’appui, qu’avaient passé entre eux jadis une certaine alchimie qui avait sans doute été d’ordre sexuel. Se singeant dans une longue et unique posture d’érotisme outré, ils rendent à la chanson ce service de faire oublier son ineptie – paroles, musique, clichés qu’elle véhicule et ancrage prétendu dans la réalité de l’Amérique où il suffirait d’un peu de musique pour que tout le monde danse, bras dessus, bras dessous, dans un grand élan de fraternité – mais qui oserait croire sincèrement ce qui est dit dans une chanson pop.

Eux – The Mamas & the Papas – étaient parvenus auparavant à renverser le problème et à restituer à la chanson un honneur perdu, grâce à quelques secondes de ce que je tiens pour la manifestation par le chant de ce qu’est l’orgasme – une tension retenue jusqu’à sa résolution. À destination des esprits étroits, je précise que les voix ne miment pas l’orgasme, contrairement au French Kiss de Lil’ Louis ou, déjà sublimé dans une vocalisation, le I feel love de Moroder passé dans la bouche de Donna Summer. Tendues, les voix sont doublées, triplées, quadruplées dans une sursaturation sonore et le prolongement sur quatre mesures (une éternité à l’échelle du corps chantant) d’un son inarticulé que soutiennent des percussions montant crescendo elles aussi. Entre 2′54 et 2′58, les plus belles de toute l’histoire de la musique pop, j’affirme le plus sérieusement du monde que s’exprime tout l’infini de la jouissance.

The Mamas and the Papas : Dancing in the street

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