Conjoints
6 mai 2010 @ 9:44
Longtemps présenté comme un outsider qui serait amené à percer, Danton Eeprom vient récemment de dépasser ce stade. Le portrait par Jack LockerRoom, dans le sixième numéro d’Une Nuit Sous Influence rappellera aux oublieux d’où il vient. Débarrassé de ses frusques grand-guignolesque, il apparaît finalement aujourd’hui tel qu’il est : sombre.
Il lui arrive trop souvent de se comporter comme un sagouin – mais sa musique, rien n’y fait, c’est de la bonne came.
Quand s’ajoute à cela le travail d’Étienne Jaumet, occupant pour l’occasion la fonction de double remixeur sur le dernier maxi de Danton Eeprom, Thanks for nothing, sorti chez InFiné, on atteint des sommets. Enchaîner l’écoute du remix, puis du « dub remix », donne même l’impression d’un seul morceau en expansion dans l’espace sonore à la manière du blob dans l’espace fantasmatique du cinéma d’horreur : masse dont le centre est partout et la circonférence nulle part, zone matricielle d’où toute la musique semble tirer son origine, le/les morceau/x n’en finissent pas de se répandre. On s’en trouve à la fois digéré monstrueusement et sensuellement épanoui.
Ci-dessous, un avant-goût, pour être précis un demi-goût.
Danton Eeprom : Thanks for nothing (Étienne Jaumet dub remix)


