Jeudi 1er avril, rangez vos poissons : Chloé est l’invitée de PoneyClub 54. Pour patienter, elle nous offre Distant, en avant-première – son deuxième album, One in other, sort le 6 avril 2010 chez Kill The DJ.
« Vous comprenez, nous sommes obligés de passer pour des salauds, puisque la loi nous ordonne de faire ces propositions à nos employés. Et puis pour 137 euros par mois, on vit très bien, en Tunisie, hein.
– Mais je ne vis pas en Tunisie !
– Vous ne pouvez pas tout avoir, vous. »
Rythm & Sound : Poor people must work (Carl Craig remix)
Du caractère hypnotique de la guitare, on trouverait mille et un exemples qui ne feraient que confirmer le lien du rock à la transe.
Les cuivres aussi peuvent aimanter l’écoute et l’esprit. À la cent cinquante-cinquième seconde du morceau qui suit, disparaissent les voix auxquelles se substituent les cuivres. Leur chaleur dans les graves ne produit certes pas une ressemblance à proprement parler avec la voix humaine, mais une capacité d’enveloppement d’où l’on tirera cette analogie, que les cuivres transmettent les ordres de l’hypnotiseur.
Quant à savoir ce que Martin Rev apporta à ce morceau déjà sans lui parfaitement achevé, on se reportera aux dernières secondes où se fait entendre isolée une couche supplémentaire de bruit blanc, support de l’hypnose elle aussi. Martin Rev = Messmer.
22 Pistepirkko : Swamp blues (Martin Rev reversion)
La musique de l’Inquisition ressemblerait peut-être à cela qui mêle le poids infini du son au vide du bruit indiscernable. Abjurer ou être relapse sont tout comme, puisque la parole devant le tribunal de l’Inquisition tue et libère et condamne tout à la fois – c’est-à-dire en Dieu. Être sauvé de la mort par ses aveux, c’est mourir tout de même et sauf. L’Inquisition se résume peut-être à cette seule et dernière question-ci : « sauf quoi ? ».
Black To Comm : Void
Plus d’informations sur Marc Richter et son travail ici.
Décidant que le corps tel qu’il est ne convient pas à l’ostentation – vieille scie bien connue –, les directeurs artistiques, si j’ose dire, dans la publicité, imposent au spectateur des corps tels qu’il n’en existe pas et aux femmes, lesquelles subissent plus visiblement que les hommes les effets de retouches numériques, des postures impossibles à tenir.
intenable
Ce corps gênant n’a pas de rapport avec le trouble qu’on éprouve devant la Grande Odalisque d’Ingres : le processus d’identification supposée, dans la publicité, crée une conjonction entre le corps (ou la beauté ou le statut social ou le confort, et ainsi de suite, mais toujours réductibles au corps) et le spectateur. Le plus ou moins grand écart, je veux dire par là : tout écart, même infime, entre l’image montrée et la réalité du corps, impose le recul et dilate le moment de contemplation de l’image en une durée proportionnelle à la valeur de l’écart. Perdu dans la contemplation de ce corps qui est censé être le mien – c’est-à-dire identifié comme mon propre corps ou possédé par moi sexuellement –, mais auquel je ne peux plus m’identifier, je passe d’une conjonction à une confusion totale. Deux solutions à ce problème duquel seuls les fous sont préservés : la syncope ou vomir.
Vladimir Cosma : Anticorps (sur l’album Insolite & Co., 1969)
Malgré le temps qu’il faut pour que le décollage s’effectue, on ne se lasse pas d’avoir quitté terre presque neuf minutes durant. Ne sent-elle d’ailleurs pas moins mauvais depuis là-haut qu’en ce moment à hauteur de pâquerettes ?
Cela me rappelle ceci. Musique de la folie, à mon avis, non pas manifestée ou manifeste, mais celle en dedans. Les quelques notes de percussions aux premières secondes suffisent à éclairer instantanément cet intérieur sans cela tapi, lequel s’extériorise sous forme de cri inarticulé instantanément.