post Profond

27 septembre 2009 @ 20:22

par Coddo del Porta
Quarante ans plus tard ?

Quatre garçons dans le vent ?

Quarante ans après leur mort et un certain nombre d’autres années après la mort de deux des leurs, les Beatles n’en finissent pas de ressusciter. Le neuf-neuf-neuf, censé rappeler, a-t-on dû glisser dans le dossier de presse, le « number nine… number nine » énigmatique de l’album blanc, sortaient simultanément les versions remasterisées de leurs albums originaux et un jeu pour console.

On ne nous épargnera aucun superlatif ni la moindre comparaison élogieuse improbable, mais rien n’y fera : la puissance de leur musique n’avait pas attendu l’ère du numérique et de la remasterisation pour secouer les oreilles et les corps entiers des fans. Cette fausse nouveauté ne provoquera donc pas la moindre secousse, si ce n’est du côté d’EMI qui espérait en tirer un profit colossal, mais qui, comme attendu, se trouve confronté à leur piratage massif depuis les premières minutes de leur sortie. C’est le coup de l’enculeur enculé, largement mérité, soit dit en passant. J’avais déjà eu l’occasion de donner mon point de vue sur la question non loin d’ici.

Je parie pour finir que, remasterisation ou non, on ne comprend toujours pas ce qu’ils avaient voulu dire par là :
The Beatles : Revolution 9

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post Brut

27 septembre 2009 @ 11:25

par Coddo del Porta
brute

brute

Plutôt que d’un cri, réaction brute et inarticulée, la musique résulte d’une élaboration. La sauvagerie, le brutal ne proviennent pas dès lors de l’émetteur, mais trouvent une zone de manifestation dans la réaction de l’auditeur. Cette sauvagerie, retour à l’inarticulé par l’expression soit d’un cri, soit d’une danse, soit de larmes ou d’un grand éclat de rire – pour ne pas parler des transes et des crises aiguës de vomissement – l’habite, mais s’extirpe de lui pour se montrer parfois et faire trembler qui la contemple.

À l’instar de la nuit, confrontée au jour, la musique est un espace où ce qui reste et ressurgit de nos pulsions trouve à se déployer momentanément.

Nous y voilà.

Terrible Eagle : Say yes

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post Zone frontière

24 septembre 2009 @ 11:00

par Coddo del Porta

On célèbre un quarantième anniversaire en grande pompe (à fric) : c’est le moment de rappeler que les Beatles ne furent pas qu’un son, mais une imagerie aussi, laquelle survit transformée dans le clip de Zoot Woman qui suit, sorte de trip hippie à travers les univers de Bosch et de Brueghel et qu’aurait aussi bien pu accomplir le sous-marin jaune de 1968 – au mot hippie pouvant en l’occurrence se substituer cet autre : transfrontalier.

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post Surprenante Grace

23 septembre 2009 @ 23:59

par Coddo del Porta
cannibale avant l'heure

cannibale avant l'heure

D’une artiste dont il a déjà été question ici ou , il faudrait ajouter qu’elle conserve une capacité à nous séduire par le son qui dépasse la normale. On connaît le genre d’indulgence coupable dont on s’autorise – la culpabilité pouvant donc tenir un rôle moteur y compris dans le champ de la musique – pour continuer d’écouter tel dont on aimait le son autrefois, mais qui a vieilli ou tel avec qui l’on a vieilli.

Grace Jones, en déesse dévoratrice, jadis d’automobiles et désormais de ses semblables, affranchit son auditeur de toute culpabilité parce qu’elle fut entourée et s’entoure encore d’artistes et de producteurs à la pointe de son temps, autrement dit quelque part entre maintenant et bientôt.

Le titre qui suit, emprunté à l’album Hurricane, joyau dont chaque morceau représente une des faces, est la version originale de ce remix : de même que celui-ci ne redoublait pas celui-là, les dernières secondes du premier sont augmentées d’un appel à ce Dieu noir et femme qu’est la chanteuse auto-transfigurée. À bon entendeur.

Grace Jones : Williams’ blood

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post Devenirs

19 septembre 2009 @ 21:37

par Coddo del Porta
d'où n'en survivrait qu'un

n'en survivrait qu'un

Suffit-il qu’un objet devienne accessible au/à un public pour avoir revêtu sa forme achevée ? Faut-il qu’un discours sur cet objet le consacre, sans lequel il resterait inaccessible dans toutes ses dimensions ?

L’existence de blogs musicaux produit une situation telle que cette question – qui met en cause la portée et la puissance du discours critique – se trouve inversée : des objets (musicaux) y connaissent un redimensionnement ou y atteignent leur forme pleine avant d’avoir franchi le double seuil, naguère si difficile d’approche, de la publication par une maison de disque, puis de la critique musicale.

Le schéma s’en trouve inversé : l’objet devait être déniché, sélectionné, puis enfin produit par des professionnels jouant le rôle de filtres avant que d’autres professionnels, tenant lieu de filtres eux aussi, le sélectionnent en le commentant, le public ayant donc dû subir le discours muet de la maison de disque et celui de la critique avant d’accéder à l’écoute. À présent, il arrive que le public produise un discours critique (certes minimal, puisque parfois réduit à un geste de transmission – « écoute tel morceau à telle adresse ») qui prive tant la critique que les maisons de disques de leur rôle de filtration et du discours qui l’accompagne (car, une fois la musique publiée et répandue dans le public par le public lui-même, le discours critique perd la majeure partie de son pouvoir prescripteur et devient une glose qu’elle n’est pas censée être).

Quel travail pour la critique éjectée du circuit de transmission de l’objet ? J’aperçois deux horizons, l’un convexe sur lequel tout glisserait (mort de toute critique dans un monde où toute création musicale serait accessible à tous partout), l’autre concave où l’activité proprement créatrice de la catégorie de pensée qu’est la critique trouverait de quoi nicher – en substance, la fin du journalisme et l’obsolescence de son organe de « pensée », le dossier de presse.

Le choix n’est pas difficile, d’aller vers l’un ou l’autre de ces lieux futurs (déjà présents) : mort au journalisme, longue vie à la critique.

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post killed again !

15 septembre 2009 @ 14:50

par Jim Wilde

Le mythe punk rattrapé (again’n'again) et crucifié par l’esthétique élec(trop)hype façon mag de mode. Le tout teinté de psychédélisme 2.0.

Nid & Sancy : Kidzz (original dub)

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post Conjonction

2 septembre 2009 @ 16:27

par Coddo del Porta
© Mercurochrome

Partout, sauf derrière.

Résumé de Fly on the windscreen de Depeche Mode :

“Death is everywhere”, donc “Touch me”.

Ce qu’on appelle un programme de rentrée à contre-courant.

Depeche Mode : Fly on the windscreen

(Lyrics dans la suite de l’article.)

(Lire la suite…)

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