post Du nihilisme acidulé

14 juin 2009 @ 15:49

par Coddo del Porta
le nihilisme (microscope électronique à balayage, grossissement x5400)

le nihilisme vu au microscope

Sortie en cassette, la Chanson  d’amour de Catherine Ferroyer-Blanchard est une marque du tournant radical qu’ont pris « les choses » depuis une trentaine d’années dans le domaine de la musique populaire et du lien qu’elle entretient avec le quotidien universel – l’amour, comme son titre l’indique.
Attachée aux années quatre-vingt comme le prouvent tant le format original du support que l’apparente légèreté du morceau – avec un parlé pas même chanté, mais sur un ton badin et dans un détachement certain à l’égard du sujet traité –, cette chanson s’insère pourtant dans un flux général de démission et d’impossibilité qui a pour nom nihilisme.

Les paroles sont éclairantes, qui traitent non plus d’une recherche de l’amour sans lendemain, sous-catégorie importante de la chanson pop des années quatre-vingt, mais de l’indifférenciation dans le néant : l’amour est déjà fini, puisqu’il commence par la fin, l’oubli précède quasiment la rencontre, « en fait non, sans doute pas », « quoi qu’il en soit, ce sera pareil » et « après tout, [on s']en fout ». Rien à chercher, parce qu’il n’y a rien à trouver, « parce qu’il n’y a rien à penser ».

Et la répétition dans le vide de l’apostrophe adressée à personne d’autre qu’à soi-même – « mon amour, mon amour » – se confond avec le cri inarticulé que pousse la chanteuse sans chant. « Rien à penser », mot d’ordre général de l’époque qui n’en est même pas une.

Catherine Ferroyer-Blanchard : Chanson d’amour (Satanicpornocultshop remix)

Les paroles (alias les lyrics) dans la suite.

Je veux chanter, mon amour,
Une chanson d’amour.
Je commencerai par où :
La fin ou le début ? La fin.

Bien sûr qu’il y aura une fin,
D’ailleurs, celle-ci m’obsède,
M’observe et me rend folle
Est-ce que tu le perçois ?

Tout est-il déjà fini ?
Tout est-il déjà écrit ?
Tu as dû lire ça cent fois,
Mais j’ai raison, tu verras.

Mon amour, mon amour,
C’est une chanson d’amour,
Pour toi ou pour quelqu’un d’autre,
Peu importe, je m’en fous.

Mon amour, mon amour,
Je n’ai rien d’autre à nous dire,
Parce qu’il n’y a rien à penser.
Tout est déjà terminé.

J’aimerais bien te chanter
Ta peau, tes bras, ta bouche
Mais avant même que tu t’en ailles
Je t’ai déjà oublié.

Ne pleure pas, c’est inutile.
Demain, ça ira mieux
Ou alors ce sera pire.
Quoi qu’il en soit, ce sera pareil.

Mon amour, mon amour,
C’est une chanson d’amour,
Pour toi ou pour quelqu’un d’autre,
Peu importe, je m’en fous.

Mon amour, mon amour,
Je n’ai rien d’autre à nous dire,
Parce qu’il n’y a rien à penser.
Tout est déjà terminé.

Pour revenir à cette chanson,
Je la voulais magique
Et belle et forte à la fois,
Mais la beauté, ça fait peur.

Au fond, comme toi, je suis seule,
Mais attention, ça n’est pas grave
Ce sera pour une prochaine fois.
En fait, non, sans doute pas.

Mon amour, mon amour,
C’est une chanson d’amour.
Pour toi ou pour quelqu’un d’autre,
Peu importe, je m’en fous.

Mon amour, mon amour,
Je n’ai rien d’autre à nous dire,
Parce qu’il n’y a rien à penser.
Tout est déjà terminé.

La la la, la la la lala lala, lala.
Pour toi ou pour quelqu’un d’autre,
Peu importe, je m’en fous.

La la la, la la la lala lala, lala.
Parce qu’il n’y a rien à penser.
Tout est déjà terminé.

Je veux chanter, mon amour,
Une chanson d’amour.
Je commencerai par où :
La fin ou le début ? La fin.

Bien sûr qu’il y aura une fin,
D’ailleurs celle-ci m’obsède,
M’observe et me rend folle
Est-ce que tu le perçois ?

Tout est-il déjà fini ?
Tout est-il déjà écrit ?
Tu as dû lire ça cent fois,
Mais j’ai raison, tu verras.

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