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30 novembre 2008 @ 22:32
par Coddo del Porta
 ceci n'est pas une mire
Marc Moulin, un des membres du groupe Telex qui avait participé au déploiement il y a trente ans exactement de la « nouvelle musique » de leur époque est mort il y a deux mois, le 26 septembre 2008.
Paradoxalement, ce qui précède a moins d’importance que ce qui suit.
Telex : Moskow diskow
Tags: marc moulin, Musique, telex
30 novembre 2008 @ 3:01
par Jim Wilde
Et n’allez pas me dire que personne ne se reconnaît dans ce clip…
Soulwax : E talking
Tags: soulwax, Vidéo
29 novembre 2008 @ 13:39
par Jack LockerRoom
 Tom Moulton
Turn the beat around, le nouveau livre de Peter Shapiro — responsable éditorial du très réussi ouvrage collectif Modulations publié chez Allia en 2004 — vient d’être traduit dans la langue de Patrick Hernandez chez le même éditeur.
C’est l’occasion rêvée pour découvrir ou redécouvrir les origines de cette dance music qui fait encore transpirer l’humanité jusqu’au petit matin.
Tom Moulton est sans conteste le père de cette culture. On y apprend que c’est lui qui, observant la réaction des danseurs devant les coupures opérée entre chaque morceau, décide de coucher sur bande un mix continu de 45 minutes (ce laborieux travail réalisé sur un magneto Wollensak lui prendra 80 heures !) pour pousser les danseurs à rester sur la piste et gagner la transe. Il y enchaîne des titres de black music au tempo, rallonge les breaks et coupe les passages sans intensité : bref, il réalise la parfaite bande son pour danser.
C’est encore lui qui réalisera en studio les premiers remixes en appliquant à la source ces manipulations pour créer des versions longues, égalisant les pistes séparées pour renforcer l’énergie des drums, accélérant certaines parties, déconstruisant cette musique pop bâtie sur la structure couplets-refrain pour établir un nouveau format, plus long, plus progressif, plus hypnotique, plus addictif — l’arme ultime des deejays.
C’est enfin lui qui, début 1975 et avec l’aide de l’ingénieur du son José Rodriguez, grave le fruit de ce travail non pas sur un 45-tours mais sur une matrice douze pouces :
Mon Dieu, c’était incroyable, mec, je te dis pas. [...] En comparaison, les sept pouces habituels avaient un son merdique. Les niveaux étaient tellement… La dynamique, la basse, l’ensemble, le volume, on aurait dit… C’était comme écouter une copie de cinquième génération, puis soundain entendre la bande master.
Le maxi 45-tours venait de naître et avec lui cette nouvelle culture qui perdure aujourd’hui.
Avec ce livre, on entend enfin les spécificités de cette culture, ce qui la différencie de la pop et des autres grands mouvements musicaux du XXe siècle : le flux continu de la musique (à l’intérieur du morceau en version longue et à l’extérieur en se mariant avec d’autres morceaux), le but enfin avoué de parler autant au corps qu’à l’esprit, et une volonté d’indépendance envers l’industrie classique du disque en créant des disques aux productions puissantes pour les clubs et non plus uniquement pour les radios.
Cette version spéciale de Moulton du morceau Moonboots d’Orlando Riva Sound en est un exemple emblématique : 9 minutes et 32 secondes de reconstruction, d’effets et de sons synthétiques qui projettent la musique vers un nouvel horizon, celui de la révolution électronique des années 1990.
Enjoy.
Orlando Riva Sound : Moonboots (Tom Moulton 12″ promo only version)
Tags: Culture, Musique, orlando riva sound, peter shapiro, tom moulton
29 novembre 2008 @ 13:21
par Jack LockerRoom
 underground digger
Franziskus Sell et Jakob Hildenbrand a.k.a. Format:B viennent de sortir leur premier album Steam circuit sur Highgrade Records. Pas d’interludes downtempo ici, juste douze tracks à mixer ou à écouter dans son salon, mais en sautant à pieds joints sur le canapé. Et on peut dire que les deux chouchous de Berlin développent ici la bonne formule qui peut sauver l’Allemagne de ce bourbier vidé de sens qu’est devenu la techno minimale.
Et pourtant, Format:B est tout sauf minimal (malgré ce que l’on peut lire sur certains sites qui découpent encore les dossiers de presse avec un ringard Ctrl/C-Ctrl/V). Moi, j’avancerais même le terme de techno « Melting Shuffle » (je sais, c’est osé).
Alors, c’est quoi la formule du « Melting Shuffle » ? Écoute bien, je ne le dirai pas deux fois :
- First, t’arrête d’écouter qu’un sous-genre de techno et tu ouvres tes oreilles. Au programme de ta rééducation accélérée :
- La microhouse du début des années 2000. Pour faire vite, réécoute tout Akufen et tu vas de suite comprendre. Tu élagues un peu, et tu pousses le Global Groove d’Ableton Live jusqu’à ce que tes hanches ondulent sous la chaleur.
- La minimale, c’est fini, mais pas encore. Comme t’en as bouffé non stop depuis cinq ans, t’es encore tout bouleversé à l’intérieur, pas la peine de devenir schizo, tu vires le pire et tu gardes le meilleur, à savoir la prod clean, les percus et les balles de ping-pong qui rebondissent, les boucles hypnotiques et les toms atonales. Cool, non ?
- Les Anglais picolent du dubstep du matin au soir, le reste du monde pas une goutte. Rectification, tu t’inities aux basses vrombissantes à ondes carrées, n’hésite pas sur la saturation et la reverb, le but est de décoller les joints de placo de tes voisins.
- De Tim Green à Danton Eeprom, tout le monde a la voix grave aujourd’hui. (Une étude récente de l’OITE a montré que c’était à cause de la triple dose de clope en after, du fait qu’on ne peut plus fumer en club.) Tu n’échappes pas à la règle, mais passe-la bien à la moulinette, découpe-la et fourre le tout dans Native Instrument Battery 3. Il te reste plus qu’à te prendre pour Stevie Wonder sur ton clavier midi, et le tour est joué.
- Tu vis avec ton époque maintenant, même si t’as plus de 30 ans et si tu n’es jamais un fluokid, écoute Sebastian et Surkin, ça te décomplexera le lobe gauche du cerveau. Du coup, t’as plus peur du dictat des genres et des tribus et tu injectes tout dans tes prods, du sample de flaque d’eau à la montée de pad façon 1998. Yeah !
Voilà, Format:B sont les kings de la techno « Melting Shuffle », c’est pas toujours très fin mais ça réveille les zombies sur la piste de danse, monsieur. Pour vous le prouver, le tube de l’album avec Jack the Rapper qui s’invite au micro.
Enjoy.
Format:B : Something suitable
Le site officiel de Format:B
Le profil MySpace de Format:B
Tags: Culture, format:b, melting shuffle, Musique
29 novembre 2008 @ 13:06
par Jim Wilde
 air
Tu le sens le courant d’air ?
Bon ok, on se doutait bien que Jean-Benoît Dunkel et Nicolas Godin, le duo de Air, bien que se la pétant un peu, n’était pas du genre rock-stars. Ni à sortir de scène les cheveux collés sur des yeux hagards, pour tracer vider des litres de vodka en compagnie de groupies à genoux. (En même temps leur musique planante ne porte pas au slam…)
Pas de surprise donc à les découvrir sages comme des images dans le documentaire de Mike Mills sur leur première tournée en 1998, entre NYC, Londres et Paris.
Bus/hôtels/soundchecks/gigs/backstages, tout est dans Eating, sleeping, waiting and playing sauf qu’il ne se passe rien et malgré une réalisation en noir et blanc plutôt chiadée, c’est le vide complet. Dunkel et Godin possèdent le charisme d’une huître et l’humour d’un dindon.
Pour combler le vide, Mike Mills, qui a aussi réalisé des clips pour le duo versaillais, tourne des séquences très « nouvelle vague » dans lesquelles l’équipe technique du film lit les articles parus sur le groupe français en déambulant dans la forêt ! Ou part à la rencontre des fans avec des questions aussi essentielles que « Est-il important de gagner de l’argent ? », « Que pensez-vous de MacDonald ? » ou « Si tu étais un animal tu serais quoi ? ». Bref, du lourd quoi !
À noter quand même, deux passages hardcores (attention, écartez les enfants) : lorsque J.-B. raconte comment il était punk au lycée et Nico, réveillé par l’équipe, qui avoue qu’il a trop bu la veille. J’avais prévenu…
Tags: Air, Culture
29 novembre 2008 @ 12:56
par Jack LockerRoom
 Ils sont branchés ces mecs ?
Tags: Événement, justice
22 novembre 2008 @ 21:22
par Coddo del Porta
1) Les soirées pédé et lesbienne qui tiennent la route, il en manque, en ce moment, à Paris.
Ça tombe bien, ce soir, samedi 22 novembre 2008, c’est la première Crocodile à la Scène Bastille.
 une boule à facettes mais splittée
2) L’album de la décennie, c’est Music components qu’Arnaud Rebotini a fait paraître chez Citizen au mois d’octobre 2008.
Arnaud Rebotini : 1314
Ça tombe bien, ce soir, samedi 22 novembre 2008, Arnaud Rebotini joue à la Scène Bastille.
3) Viens.
Tags: arnaud rebotini, Événement, crocodile, Musique
19 novembre 2008 @ 11:59
par Coddo del Porta
 Plus par le cul : par la bouche
Je discutais avec Jack et xxx l’autre soir du virage opéré ou en cours d’opération par le fétichisme en musique : plus de (no more) disque objet, plus de (more) son.
Une élaboration de la musique aux petits oignons promet des subtilités infinies. Cela signifie surtout qu’il faut — c’est-à-dire qu’il faudra dorénavant, dans certains cas — écouter la musique.
Le problème majeur qui se lève à l’horizon de ce nouveau paysage de béatitudes, c’est que beaucoup d’artistes choisissent en ce moment de remplir leur musique de sons, jusqu’à saturation et des oreilles et de l’intérêt. Vieille querelle des Quantitatifs contre les Qualitatifs, lesquels arrivent moins bien à se faire entendre devant un public de mecs bourrés qui ont du whisky coca jusque dans les oreilles que leurs adversaires le potard bloqué sur ∞ et qui crient « Alleeeeeeez ! ».
Or, que voulez-vous écouter dans ce qui suit ? Rien. C’est le fétichisme qui en prend un coup.
We Are Terrorists : Ground Zero
Tags: Musique, we are terrorists
17 novembre 2008 @ 23:50
par Coddo del Porta
La musique se partageant au gré des connivences et des connexions, je voudrais revenir sur un concept jamais à proprement parler traité dans les articles de ce blog, mais en lequel (ou autour) plus d’un texte et d’un morceau tournent et se reconnaissent : celui de montée.
À la fusée dont avait orné xxx un article pour accompagner la poussée exorbitante de Smith et Selway, répondra cette tour sans sommet autour de l’axe de laquelle marcher — misère ! — représenterait ce qu’il y a de moins terminable dans une montée et qui se réduira pour en finir à un colapsus d’autant plus terrible et terrifiant.
 S'effondrer vers le haut
Des deux morceaux qui suivent, toute connexion autre que dans une ascension vers la chute — de Dieu, de Silly Delronge, d’Icare — est difficile à établir. Raison de plus pour chercher par où les conjoindre autrement.
Et avec Ruth, une deuxième et une première fois déjà cimentés à la musique d’aujourd’hui quoique la leur vieille de vingt-cinq ans, et avec Aloa, les liens sont évidents d’une montée qui creuse un sillon transversal. Avec qui d’autre encore ?
Telex : Victime de la société #1
Léo Ferré : Psaume 151
Tags: léo ferré, montée, Musique, telex
17 novembre 2008 @ 2:46
par Coddo del Porta
 À l'idée de vivre sans feuilles.
Un arbre est-il le lieu des songe-creux ?
Dormeur Duval est-il un des sept nains de Blanche-Neige ?
La réponse n’est pas dans ce morceau de musique, car toute musique n’est pas une réponse (cf xxx voilà longtemps).
Joakim : Sleep in hollow tree
Tags: joakim, Musique
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