Saint Daniel, prie pour nous

Daniel Darc

Le terme de rock and roll, il n’en veut plus. Celui de punk, il ne veut plus en entendre parler. Trop réducteur pour Daniel Darc. Revenu de tout ou plutôt de rien, l’ex-chanteur de Taxi Girl est arrivé sur la scène de l’Olympia en titubant, en déséquilibre perpétuel, toujours au bord du gouffre. Son visage de quinquagénaire magnifiquement projeté en triptyque. Vidéo noir et blanc. Image 80 pour ce rescapé de la cold wave made in France.

Quatre lettres rouges D.A.R.C. qui descendent du ciel pour illuminer la salle mythique.

Finis les synthés et les boîtes à rythme. En ce joli mois de mai 2008, les guitares refleurissent et Daniel Darc semble être resté cet adolescent au regard arrogant et sensible que l’on voit sur les photos, celles qui ont illustré la fulgurance Des jeunes gens mödernes à la Galerie du Jour.

Les sentiments sont à fleur de peau. Daniel Darc, toujours sur le fil, parle, plaisante, engueule. Les morceaux, tirées d’Amours suprêmes et de Crèvecœur, s’enchaînent sombres et splendides. Lui profite de chaque seconde comme si c’était la dernière. Mais déjà la fin approche, alors il tire sur la corde, se prosterne devant celles du violoncelle qui part en solo. Fragile, sincère et en quête de rédemption, Daniel Darc se lance dans une interprétation du Psaume 23 sur fond de Sad song reedien.

Le temps d’une éclipse et Darc revient Chercher le garçon d’un geste nerveux et rapide. Fin des années 1970, Daniel Darc se tranchait les veines sur scène. Ce soir, il choisit d’apposer sur sa peau noircie par les tatouages une Croix brûlante. Le Paradis lui tend les bras, lui qui a vécu en Enfer.

Daniel Darc : Psaume 23
Psaume 23

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