Cette musique « parle à ma mémoire », c’est-à-dire, dans celui que je suis au moment où j’écoute, à celui que j’étais et qui choisit malgré moi comment il se manifeste en jouant avec le souvenir et l’oubli. Au même titre que tout autre stimulus à la Proust (odeur de madeleine, pas incertain entre deux pavés, etc.), la musique qui parle à la mémoire réactive ce qui me rend tel que je suis au moment où j’écoute.
Jadis, je ne connaissais Tuxedo Moon que de loin, mais assez toute de même pour me souvenir du nom de Steven Brown.
À quoi ça sert l’amour était jadis une chanson interprétée par Édith Piaf, mais comment ne pas lui préférer la version de Steven Brown ? Piaf chantait avec Theo Sarapo – un jeune homme et une femme déjà mûre, rendue telle et plus encore par un usage intensif de la drogue et de la douleur. Steven Brown – avec qui ? Anouk Adrien, mais ça ne nous apprend rien.
D’une naïveté touchante à force d’évidence, la version « réaliste » est supplantée par cette autre, sans commune mesure, mais tellement plus réelle.
Naguère et aujourd’hui encore, puisque l’objet résiste, la notion de « face cachée » avait un sens propre et figuré en musique sous la forme de la face B. Raretés, surplus, supplément, les morceaux qu’on y assignait méritaient souvent autant une écoute que la face lumineuse, illuminée qui les cachait.
The Humming Wire de Siouxsee & the Banshees figurait sur la face B du maxi Swimming horses, en 1984.
Je suis convaincu que le mystère, le secret et l’illumination existent tout de même à présent que la musique est dématérialisée – seulement j’ignore où ils se cachent.
Paul McCartney, en 2005, a donné à sa musique un coup, non de jeune, mais de pied : produisant intégralement son album Chaos and creation in the backyard, Nigel Godrich fait des merveilles. L’écueil de la mièvrerie, depuis toujours sur la route du navire McCa, est évité par le producteur. D’où un album, et c’est là l’intérêt de la chose, entièrement beau – au lieu des quelques îles habituellement perdues sur une mer plate.
Dans Promise to you girl, je vibre aux flûtes.
Les flûtes. Et Paul McCartney.
Paul McCartney : Promise to you girl
Ci-dessous, les paroles lyrics – où l’on peut discuter, peut-être, de mièvrerie, si l’on cherche des poux dans la tête.
Django Django continue de faire référence aux Beach Boys. La presse continue de faire référence aux Beach Boys quand on y parle de Django Django. Les Beach Boys continuent d’être les Beach Boys. (Beach) Boys will be (Beach) Boys.
La période des fêtes est propice à l’envie de danser. Avec deux corps, le sien et sa projection astrale, on a d’autant plus de possibilités d’entrer dans la danse, d’y être, de l’être. Est-ce la raison pour laquelle Strip Steve a choisi d’associer le psychédélisme de ces images à ce morceau ?
Il paraît que Liza Minnelli donnera un concert à Paris en mars 2013.
En 1989, les Pet Shop Boys lui construisirent un écrin, l’album Results d’où fut tiré Losing my mind. Ce morceau tourne en boucle, non qu’il en soit une, mais parce que le refrain ne se résout jamais : il enchaîne avec le couplet qui s’enchaîne avec lui sans répit. J’attends une fin, elle ne vient jamais. J’attends un répit, mais impossible de relâcher la tension.
Et qu’y dit-elle ? Qu’elle ne dort pas la nuit, pense sans cesse à lui, sujette à une obsession qui tourne au délire. « I dim the lights and think about you, spend sleepless nights to think. You said you love me – or were you just beeing kind ? Or am I loosing my mind ? » La question est la réponse à la question est la réponse à la question…